Mavilà

Notre méthodologie

Cette page explique les principes de conception du score, les données utilisées, les choix méthodologiques et leurs limites.

Pourquoi créer un score de sécurité ?

Le problème

Un critère décisif, mais difficile à évaluer

La sécurité du quartier est l'un des critères les plus déterminants dans le choix d'un logement. Pourtant, contrairement à la surface d'un bien ou à son DPE, c'est un critère qui reste difficile à évaluer objectivement au moment de consulter une annonce.

La difficulté

Des données officielles, mais trop larges

Chaque année, le Ministère de l'Intérieur (SSMSI) publie les statistiques officielles de la délinquance enregistrée par la police et la gendarmerie. Un excellent point de départ. Cependant, elles ne sont disponibles qu'à l'échelle de la commune (Montpellier, par exemple), bien souvent trop large pour refléter la réalité vécue au sein des différents quartiers par les habitants. De plus, ces statistiques restent brutes et donc difficiles à interpréter : 1555 faits de violences physiques hors cadre familial, est-ce beaucoup ou pas ?

La solution

Un score simple, fiable et à l'échelle du quartier

Directement présenté là où la question se pose : les annonces immobilières.

Comment est calculé le score ?

Ancrage théorique

La criminalité ne se distribue pas au hasard dans l'espace. La recherche en criminologie explique cette distribution par deux grandes logiques :

  • La structure socio-économique et démographique du quartier, qui conditionne sa capacité à exercer un contrôle social informel (désorganisation sociale, Shaw & McKay, 1942 ; méta-analyse des prédicteurs macro de la criminalité, Pratt & Cullen, 2005),
  • et les opportunités qu'offrent l'environnement bâti et l'usage des sols (activités routinières, Cohen & Felson, 1979 ; géométrie du crime, Brantingham & Brantingham, 1993).
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Identification de variables corrélées aux crimes (proxies)

Un panel de variables associées à la distribution spatiale des crimes est identifié à partir de la littérature criminologique. Puis, leurs corrélations avec les données de crimes du SSMSI à l'échelle communale sont vérifiées empiriquement pour ne garder que les plus pertinentes.

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Entraînement d'un modèle par crime, à l'échelle des communes

Chaque type de crime suit une logique spatiale différente : des cambriolages et des agressions sexuelles ne se distribuent pas de la même façon. C'est pourquoi un modèle statistique distinct est ajusté pour chaque crime. Ces modèles permettent d'établir une relation entre le comptage réel des crimes et les proxies à l'échelle des communes.

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Application des relations apprises aux quartiers

Contrairement aux comptages des crimes du SSMSI, les proxies sont connus à l'échelle des quartiers. Les relations proxies-crimes apprises par les modèles sur les communes sont donc appliquées aux quartiers afin d'obtenir à cette échelle une estimation du comptage des crimes.

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Transformation des taux de crime en notes

Les crimes suivent une distribution très asymétrique, c'est pourquoi les taux sont convertis en score via une transformation log-linéaire à deux ancres : les 3e et 97e percentiles. Ainsi, les quartiers sans crime ou parmi les 3% les moins exposés obtiennent une note de 10/10, tandis que le top 3% des quartiers avec le plus de crimes obtiennent 1/10.

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Création des scores thématiques et global

Les notes de chaque crime sont agrégées selon 4 thématiques : les atteintes aux personnes, au cadre de vie, aux logements et aux véhicules. Ces 4 thématiques sont ensuite moyennées pour former un score global. Chaque crime et chaque thématique n'a pas le même poids selon l'impact physique et psychologique qu'il génère. Par exemple, les atteintes aux personnes comptent bien plus que les atteintes aux véhicules.

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Création d'un indicateur de contexte local

Les scores de chaque quartier sont comparés aux quartiers de même niveau de densité (urbain dense, urbain intermédiaire ou rural) et appartenant à la même zone d'emploi. L'indicateur informe alors si le quartier est dans la moyenne, mieux ou moins bien noté que les quartiers similaires du secteur.

Trois corrections statistiques pour un score fiable, même dans les cas particuliers

Des taux, pas des comptages bruts

Pour rendre les zones comparables entre elles, quelle que soit leur taille.

Un lissage pour les petites zones

Pour qu'un fait isolé ne fasse pas exploser artificiellement le taux de criminalité d'un petit quartier.

Une population réellement présente

Pour ne pas pénaliser à tort les zones à forte fréquentation où la population exposée est nettement supérieure au nombre d'habitants.

100 % de données publiques et ouvertes

Aucune donnée déclarative, d'IA ou issue des réseaux sociaux n'entre dans le calcul du score. Le score est mis à jour chaque année, au rythme de la publication des statistiques de la délinquance par le SSMSI.

Ministère de l'Intérieur (SSMSI)

Délinquance enregistrée par la police et la gendarmerie

Référence2025Publication2026

Insee

5 sources

Recensement de la population (démographie, ménages, logement, diplômes, emploi)

Données calculées à partir des enquêtes annuelles 2019-2024 et des répertoires des immeubles localisés 2021-2022

Référence2022Publication2025

Revenus, pauvreté et niveau de vie (Filosofi)

Millésime 2022 non diffusé en raison d'une qualité statistique insuffisante des sources

Référence2021Publication2024

Grille de densité

Population carroyée issue du RP 2021 (enquêtes annuelles 2018-2023 et répertoires des immeubles localisés 2020-2021)

Référence2025Publication2025

Base Permanente des Équipements

Référence2024Publication2025

Zones d'emploi

Référence2020Publication2025

IGN

2 sources

Découpage IRIS

Référence2025Publication2025

BD TOPO (bâti)

Référence2025Publication2025

Oak Ridge National Laboratory

Landscan Mosaic (population ambiante)

Référence2025Publication2025

OpenStreetMap

Points d'intérêt et occupation des sols

Référence2026Publication2026

Données réutilisées et retraitées par Mavilà, sous licence : Ministère de l'Intérieur (SSMSI), Insee et IGN, Licence Ouverte 2.0 (Etalab) ; LandScan Mosaic © Oak Ridge National Laboratory, licence Creative Commons BY 4.0 ; © les contributeurs d'OpenStreetMap, licence ODbL.

Ce que le score prend en compte

Parmi tous les crimes publiés par le SSMSI, 11 ont été retenus pour leur impact réel sur les habitants d'un quartier.

Atteintes aux personnes

  • Violences physiques hors cadre familial
  • Violences sexuelles
  • Vols avec armes
  • Vols violents sans arme
  • Vols sans violence contre des personnes

Atteintes au cadre de vie

  • Destructions et dégradations volontaires
  • Trafic de stupéfiants

Atteintes au logement

  • Cambriolages de logement

Atteintes aux véhicules

  • Vols de véhicule
  • Vols dans les véhicules
  • Vols d'accessoires sur véhicules

Comment lire le score ?

Chaque quartier reçoit un score global et 4 sous-scores thématiques de 1 à 10 en fonction du taux de crimes, étalonnés à l'échelle de la France métropolitaine. Ils sont donc directement comparables d'une adresse à l'autre, où qu'elle soit en France.

Le score global et les 4 sous-scores thématiques

Taux de crimes

1 - 2 Très élevée

3 - 4 Élevée

5 - 6 Modérée

7 - 8 Faible

9 - 10 Très faible

Contrairement à une répartition artificielle en tranches égales, notre échelle respecte la distribution réelle de la criminalité sur le territoire français avec un niveau de risque majoritairement faible.

L'indicateur de contexte local

Inférieur à la moyenne des quartiers similaires du secteur

Dans la moyenne des quartiers similaires du secteur

Supérieur à la moyenne des quartiers similaires du secteur

Les limites du score

Un score fiable est aussi un score honnête sur ses propres limites. Voici les précautions d'usage à garder en tête.

Un indicateur, pas un verdict

Notre méthodologie repose sur une modélisation statistique. Elle fait par essence des approximations et peut donc ne pas toujours refléter parfaitement la réalité, même si nous nous efforçons de maximiser sa précision et sa fiabilité. Il s'agit d'un repère supplémentaire qui ne remplace pas une visite ou l'expérience personnelle d'un quartier.

Criminalité réelle et sentiment d'insécurité sont deux choses différentes

Le score mesure la criminalité réellement enregistrée, pas le sentiment d'insécurité. Ces deux dimensions ne sont pas toujours corrélées (Putrik et al., 2019). Un quartier avec un taux de criminalité faible peut générer une forte inquiétude en raison d'un environnement physique dégradé, tandis qu'un quartier avec une criminalité plus élevée peut être perçu comme sûr par des résidents qui y ont développé leurs repères. Il est donc tout à fait possible d'avoir un ressenti différent du score affiché.

Basé sur les crimes enregistrés par les forces de l'ordre

Les données de délinquance du SSMSI sont soumises au biais de présence policière. Les communes où les forces de l'ordre sont très actives enregistrent par essence plus d'infractions, sans pour autant signifier que la criminalité y est plus élevée.

Certains quartiers ne sont pas notés

Sur les quartiers à faibles effectifs, les taux sont instables par nature : une seule infraction de plus ou de moins peut suffire à faire varier le score de plusieurs points. Le lissage que nous appliquons atténue ce phénomène, mais ne le supprime pas entièrement dans les cas extrêmes. Nous avons donc choisi de ne pas afficher de score pour les quartiers comptant moins de 50 habitants ou logements, plutôt que de publier un chiffre peu fiable. Ce cas ne concerne que 0,2 % des adresses en France métropolitaine.

Des sources actualisées à des rythmes différents

Les données de délinquance sont actualisées chaque année. Les autres jeux de données mobilisés ne suivent pas exactement le même calendrier de publication et s'appuient parfois sur des années de référence différentes. Une limite acceptable, car les structures sociales et urbaines évoluent lentement d'une année sur l'autre.

Voyez le score en action sur une adresse

Testez notre score de sécurité sur l'adresse de votre choix, ou intégrez-le dès aujourd'hui aux annonces de votre agence.

Références

  1. 1.Shaw, C. R., & McKay, H. D. (1942). Juvenile Delinquency and Urban Areas. University of Chicago Press.
  2. 2.Pratt, T. C., & Cullen, F. T. (2005). Assessing Macro-Level Predictors and Theories of Crime: A Meta-Analysis. Crime and Justice, 32, 373-450.
  3. 3.Cohen, L. E., & Felson, M. (1979). Social Change and Crime Rate Trends: A Routine Activity Approach. American Sociological Review, 44(4), 588-608.
  4. 4.Brantingham, P. L., & Brantingham, P. J. (1993). Nodes, Paths and Edges: Considerations on the Complexity of Crime and the Physical Environment. Journal of Environmental Psychology, 13(1), 3-28.
  5. 5.Putrik, P., van Amelsvoort, L., Mujakovic, S., Kunst, A. E., van Oers, H., Kant, I., Jansen, M. W., & de Vries, N. K. (2019). Assessing the role of criminality in neighbourhood safety feelings and self-reported health: results from a cross-sectional study in a Dutch municipality. BMC Public Health, 19, 920.